Le directeur général de l'Institut Macdonald-Laurier souligne l'importance du secteur des ressources naturelles et de l'instauration de conditions favorables à sa prospérité

OTTAWA, May 15, 2014 – Il est grand temps que le Canada parvienne à un nouveau consensus sur l'importance de l'économie de ses ressources naturelles.

C'est le message que livre le directeur général de l'Institut Macdonald-Laurier, Brian Lee Crowley, dans un nouveau commentaire intitulé « Le secteur des ressources naturelles : les opportunités économiques et les défis politiques », qui s'inspire d'une allocution prononcée par lui jeudi devant le Cercle de la finance internationale, à Montréal.

« L'ancien consensus quant au fait que des projets de mise en valeur des ressources naturelles bien gérés sont dans l'intérêt national s'effrite », indique M. Crowley dans le commentaire. « Notre façon d'y répondre pourrait bien être cruciale pour notre prospérité future et la puissance de notre pays. »

Selon M. Crowley, les ressources naturelles constituent l'un des fondements de l'économie canadienne, un fait qui deviendra encore plus évident au cours des prochaines années. Des pays comme la Chine, qui planifie de construire 36 millions de logements abordables entre 2012 et 2015, se tourneront vers le Canada pour obtenir des ressources naturelles telles que du bois ou du fil de cuivre. À la différence d'autres secteurs comme la fabrication, le secteur des ressources naturelles n'est pas très cyclique et ne contribue pas aux disparités régionales au Canada.

La gestion appropriée de ces ressources exige beaucoup d'efforts. M. Crowley dénonce, en effet, le mythe selon lequel le Canada est « privilégié » parce qu'il est richement doté en ressources naturelles. De nombreux pays disposent également de gisements de pétrole, de gaz et de minéraux, mais ces ressources ne sont pas toujours synonymes de prospérité pour leurs citoyens. Pourquoi? Parce qu'en général, il manque à ces pays le cadre nécessaire de règles, d'institutions et de comportements.

Le Canada, par contre, prévoit un environnement stable pour les investisseurs potentiels. La règle de droit, l'absence de corruption au sein de la fonction publique et la stabilité du fardeau fiscal et réglementaire sont quelques-uns des facteurs qui permettent au Canada de puiser dans ses immenses ressources naturelles. « Les entreprises peuvent investir des milliards de dollars pour dénicher des opportunités, comme les sables bitumineux de l'Alberta ou les gisements miniers du Québec, en étant raisonnablement assurées de connaître les conditions fiscales, réglementaires et contractuelles auxquelles elles seront soumises au cours d'une période suffisamment longue pour récupérer leur investissement et faire du profit », déclare Crowley.

Cependant, alors que le gouvernement fédéral continue de faire sa part afin d'attirer des investissements privés dans les ressources naturelles, les provinces et territoires ne sont pas tous sur la même longueur d'onde. Le Québec, par exemple, s'oriente à maints égards dans la mauvaise direction. La réticence de la province à l'égard de l'exploration et de l'exploitation pétrolières jette un froid sur les investisseurs potentiels. Les tentatives visant à réformer la législation de même que le régime d'imposition applicables au secteur minier ont contribué à une baisse, selon l'Institut de la statistique du Québec, de 10 % des investissements miniers dans la province.

Le gouvernement fédéral est également confronté à des défis, car les points de vue sur l'importance des ressources naturelles dans l'économie canadienne sont très partagés. Des minorités bruyantes, qui peuvent compter sur d'importantes capacités et l'attention du public canadien, utilisent les tribunaux administratifs comme l'Office national de l'énergie pour faire dérailler les grands projets de ressources naturelles. C'est l'une des raisons pour lesquelles Crowley lance un appel en faveur d'un « nouveau consensus national, initiative qui engage les Canadiens et leur garantit que les projets seront mis en œuvre de manière transparente et responsable et qu'ils respecteront les normes environnementales et éthiques les plus avancées ».  Pour y arriver, déclare-t-il, essentiellement, il faut mobiliser les communautés autochtones en les aidant à surmonter leurs craintes d'être exploitées et en leur assurant que le développement des ressources naturelles peut être avantageux pour elles.

Ce commentaire s'inspire d'un certain nombre de publications de l'Institut Macdonald-Laurier, dont les suivantes :

Dans les pages éditoriales du Globe and Mail sur l'économie des ressources au Canada : « how Canada adds value to its resources »;

Dans la série Commentary, un article sur l'importance de l'extraction du pétrole et de son transport dans l'économie canadienne;

Une étude qui déboulonne la part de mythe contenue dans le supposé « mal hollandais », c'est-à-dire la notion que l'essor du secteur des ressources relève le taux de change, ce qui entraîne une baisse de la production manufacturière;

Une étude sur le fait que l'obligation légale du gouvernement fédéral de consulter les communautés autochtones peut donner lieu à une nouvelle opportunité de collaboration;

Une étude sur l'impact potentiel des richesses naturelles sur la transformation des relations des gouvernements avec les communautés autochtones.

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Brian Lee Crowley dirige l'Institut Macdonald-Laurier, le seul institut national de politiques publiques rigoureusement indépendant établi à Ottawa, qui s'intéresse à un large éventail de questions de compétence fédérale.

Pour plus d'information, veuillez communiquer avec Patricia Bouchard à 613-482-8327 x 104, ou par courriel à patricia.bouchard@macdonaldlaurier.ca. Sur Twitter @MLInstitute.